Voici les textes reçus pour cette troisième semaine du Challenge dont le sujet était « Faites vos jeux ! ». Rendez-vous au bas de la page et votez pour votre texte préféré.
Texte de Tamix :
Enfin il y était. Tant de sacrifices, tant de moments ratés avec sa famille. Pourtant ils sont tous là, pour le regarder lui qui a tellement manqué. Son absence brillait autant que son charisme du jour. Son maillot parfaitement ajusté. Ses pointes prêtes à piquer la piste fougueusement.
Il regarda autour de lui les concurrents tous concentrés vers le même objectif. Courir, dis-je, voler vers cette ligne blanche à maintes reprises dépassée à l’entrainement. Le jeu du jour consistait, comme toujours depuis quinze ans, à franchir ce point d’horizon le premier quitte à perdre un membre, il fallait risque prendre. C’est le coût de la gloire.
Maintenant bien encré dans ses starting block, réglés avec une minutie toute helvétique. Il n’attendait plus que le son du starter pour que son cœur puisse battre à nouveau jusqu’à friser la tachycardie dans l’effort. Un son puissant retenti, bien plus sourd qu’à l’habitude.
Comme une machine bien huilée, il s’élança, propulsé par ses jambes puissantes qui l’ont poussé vers l’avant avec une force considérable. Il avala les premiers mètres à une vitesse déconcertante.
Soudain, il fut frappé par un sentiment mêlé, l’atmosphère était inhabituelle. Aucune clameur venant du stade n’accompagnait sa course pourtant victorieuse. Pris d’un doute Il se retourna. Serais-ce un faux départ, l’ennemi intime du coureur? Il vit alors allongé sur le sol son concurrent le plus certain. Foudroyé d’une balle au flanc, il gisait là nourrissant la stupeur de la foule. Le coureur emporté par son élan ne pu s’arrêter avant de passer la ligne…
Le jeu en valait-il la chandelle ?
Texte d’Arnaud :
Jouer ! on le fait presque depuis toujours. Dès que l’on nait, le jeu commence. Il y a la vie où on joue son propre rôle jusqu’à ce que le rideau tombe. Cela peut être un vaudeville, une comédie, un drame ou un conte de fée.
Il y a les diférents jeux qui nous éveillent à la vie, à la connaissance, aux plaisirs, etc..
Ces jeux nous façonnent une image qui peut être commune par rapport aux autres ou tout simplement nous rendent unique.
Il y a ceux qui jouent pour le plaisir et ceux qui jouent pour gagner. Si on joue il faut savoir perdre. Ceux qui le font pour le plaisir sont capables d’aimer perdre pour mieux apprécier de gagner. Ceux qui le font pour gagner se perdent au moindre échec et ne ressentent pas le moindre plaisir car il ne songe qu’a la finalité du jeu, Gagner! Le jeu en lui-même n’est plus apprécié
Moi, je suis né et mon premier jeu fût le Gazou Gazou de ma famille pour me faire sourire. Ensuite ce fût les petits doudous et autre jeux d’éveil. Quand on est enfant les jeux sont tout autour de nous.
Ensuite dès que mes études prirent tout mon temps, les seuls jeux que j’ai connus étaient ceux de la mécanique et du dessin industriel. Maintenant que je commence à avoir une situation familiale, j’attends avec plaisir d’avoir un enfant pour revenir à mes premiers jeux.
Texte de Dan :
Une belle soirée de la Saint Sylvestre.
Bouteilles d’alcool et cocktails à gogo, petits four à foison présentés délicatement sur une immense table ornée d’une nappe blanche, elle-même fraîchement repassée, invités nombreux hurlant et dansant sur la musique branchée, dégueulée en continu par des enceintes dernier cris.
Bref, réunion de tous les ingrédients nécessaires d’une soirée parfaitement réussie.
Pourtant parmi cette foule, lui est là.
Désabusé, le regard vide, cherchant l’oxygène dans cette atmosphère hostile, à se questionner sur les raisons de sa présence ici.
Participer à cette émulation où la plupart des personnes font semblant de passer la meilleure soirée de leur vie lui sort par les oreilles.
Il s’ennuie, il ne connait presque personne ici…
Pour elle, c’est différent.
Le sourire aux lèvres, naviguant harmonieusement dans cet espace clos, radieuse dans sa robe à froufrou spécialement achetée pour l’occasion.
Son corps est mobile, entièrement habité par la frénésie du tempo imposé par la soirée.
A moins que ce ne soit son cœur qui la propulse chaque seconde dans ce voyage inconnu.
Les heures passent, les invités se mélangent, se mêlent, s’entremêlent, les fous rires compensent les premières disputes.
Dans ce halo bruyant et désordonné, eux cassent progressivement leur indifférence.
Peu à peu, leurs yeux se croisent, tantôt se cherchent, et se rejettent.
L’écoulement du temps légitime leur rapprochement.
Le rythme diminue, les invités s’apaisent.
La cacophonie du début laisse place à une ambiance posée, sur fond de musique légère.
La mise en place des jeux en groupe permet une transition douce avant l’extase exagérée de la nouvelle année.
Les binômes se forment, et les invités continuent de se découvrir.
Eux n’ont pas besoin de cette étape ; ils se redécouvrent.
Côte à côte, les jambes se rapprochent puis, lentement, se touchent.
Les regards auparavant timides deviennent à présent complices.
Malgré quelques échanges verbaux, ce sont bien leurs silences qui trahissent leur proximité.
Ça y est, la télévision est allumée, les invités sont debout.
Ils attendent en direct, via une émission enregistrée depuis des mois, l’arrivée de la nouvelle année.
Minuit, c’est l’hystérie générale.
On s’embrasse, on se sert dans les bras, on se félicite, on crie, on pleure.
On se sert à boire.
En quelques minutes à peine, le soufflet redescend.
Mais elle, son désir s’intensifie, son cœur s’emballe, elle le dévore des yeux.
Elle s’approche de lui, et, tout en silence, lui dépose délicatement un baiser dans le cou, afin d’y respirer de nouveau son odeur, son parfum.
Oh que cette sensation lui avait manqué !
Lui est pris d’une intense émotion, son pouls s’accélère.
Le corps papillonne aux souvenirs des beaux jours.
On a coupé la musique, la maison se vide des derniers hôtes.
A présent seul le timbre des invités résonne dehors.
On entend les rires, sans doute se remémorent-ils les moments mémorables de la soirée.
Eux se retrouvent à deux, dans ce salon désert d’agitation, de vie, de son.
Seuls les papiers cadeaux éparpillés, les bouteilles vides et les assiettes en carton tapissées de bûche au chocolat témoignent d’une récente présence de vie ici.
Lentement, elle s’approche de lui.
Le regard à moitié baissé, timide, presque gêné.
Près de son oreille, elle tente d’une voie très douce
-Ça te fais quoi de me revoir… ?
-Ça me fait bizarre à moi tu sais… Un sentiment comme si rien ne s’était arrêté…
– Oui, je sais, moi aussi… Mais le temps, lui, ne s’est pas figé.. Nous avons tous les deux de très beaux souvenirs, n’est-ce pas ? Aujourd’hui, je pense que le jeu n’en vaut plus la chandelle…
– Oui, tu as sans doute raison…
Tandis qu’au loin les klaxonnent s’émerveillent encore de la nouvelle année, cette nuit elle sait que sa bouche ne goûtera plus la sienne.
Texte de Sandie (moi) :
L’après-midi était ensoleillé et les enfants chahutaient dans le jardin. Pierre, l’aîné, donnait son avis qui sonnait comme un ordre.
« Et si nous jouions à cache-cache ? Bertrand, tu vas compter jusqu’à cent et ensuite seulement tu pourras venir nous chercher. »
Sans attendre la moindre approbation de ce dernier, Pierre et les autres partirent en courant dans tous les sens. Bertrand s’exécuta donc, ferma les yeux et commença à compter et compter jusqu’à cent, c’est drôlement long…
Pendant ce temps le chahut alentour se calma, un sifflement retentit, c’était Pierre qui rappelait ses troupes, leur faisant signe de ne pas faire de bruit. Tous s’approchèrent à tâtons. Il leur murmura quelques mots, puis tous avancèrent en direction de la maison.
Bertrand continuait à compter, « quatre-vingt dix-huit, quatre-vingt dix-neuf, cent». Enfin ! Il ne se souvenait pas avoir déjà compté aussi loin. « Attention, j’arrive » cria-t-il. Et doucement il se mit en action. Cherchant de façon stratégique en tournant autour de son point de départ et en s’en éloignant de plus en plus. Il fouilla chaque bosquet, inspecta chaque trou, souleva chaque morceau de bois, .. mais rien. Jamais personne. il avait fait le tour de toutes les cachettes habituelles sans trouver le moindre camarade de jeu. Il recommença, se disant qu’il avait dû passer à côté de quelque chose, s’éloigna un peu plus de la maison cette fois-ci. Mais toujours personne. Le soleil commençait à descendre à l’horizon, la mine défaite il décida de rentrer.
Il poussa la porte et compris tout de suite que Pierre s’était encore joué de lui. Tous étaient attablés et riaient de bon cœur.
« C’est à cette heure-ci que l’on rentre ? » lui cria sa mère. « Pour la peine tu iras au lit sans dîner ».
Les larmes aux yeux, Bertrand monta dans sa chambre.
A vous de voter !

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