Voici les textes reçus pour cette sixième semaine du Challenge ayant pour thème « un amant, un couteau ». Rendez-vous au bas de la page et votez pour votre texte préféré.
Texte d’Arnaud
Et voilà ! C’est enfin fait. Une victime de plus au compteur du tueur aux mille couteaux. Cela fait deux ans que ce tueur sévi dans la région et la police n’a toujours pas de suspect, ni de pistes. Ses premières victimes étaient une jeune mère célibataire qui se promenait avec ses deux enfants, non désiré par le père ! Trois coups de couteaux et la série de meurtre commença. La victime suivante, un garde champêtre qui n’avais pas vu le coup venir, trop occupé a vouloir verbaliser. On la retrouvé refiguré. D’un visage banal, il s’est vu gratifié du visage de la Mona Lisa de Léonard De Vinci a coups de lame affûté.
Jusqu’à hier c’était vingt huit crimes et deux fois plus de malheureux à son actif.
Revenons un mois en arrière. J’étais très heureux dans mon couple. J’avais une femme merveilleuse à qui je pouvais offrir la lune si elle me le demandait. Et en un instant, tout bascula. Aveuglé par ma passion pour elle, je n’avais pas remarqué que le bonheur que je voyais sur son visage ne venait pas de moi. Il venait d’un autre homme qui partageait sa vie quand je n’étais pas là. Je veux bien comprendre que mes absences de jours comme de nuits peuvent être perturbants pour elle et qu’elle se sente parfois délaissé. Mais je n’accepte pas la trahison ni sa comédie envers moi. Le jour où je l’ai su, j’ai ouvert mes yeux et fermé mon cœur. Su que j’étais cocu!
On a raison de dire que des cornes vous poussent sur la tête quand vous le devenez. La nuit vous vous prenez la tête a vous le fracassez contre le mur comme et vous ruminez comme un taureau enragé. Ca n’a pas durée longtemps, mon instinct bestial et créatif a repris le dessus comme lors de toutes ces fois où je me suis retrouvé dans une situation gênante. Il ma fallu un petit mois de préparatif je ne devais laisser aucunes trace et ne pas me laisser ma rage apparente, c’était ma femme et non une personne lambda.
Hier soir c’était le bon moment! Je rentrais chez moi sans bruit, pieds nu sur le sol. Je me dirigeais dans la cuisine, le froid du carrelage maintenait mes sens en éveil. Je sortis le couteau de derrière le frigo. C’était un super couteau au manche d’ivoire aux taches rougeâtres et à la lame affûté. La lame avait la bonne taille pour trancher, tailler et lacérer. On pouvait le comparer au pinceau d’un grand maître d’art. Sortant de mes pensées, je me dirigeais a tâtons vers l’escalier, tout en marchant sur les tapis pour limiter les bruits. A l’étage je m’arrêtais plusieurs fois car le parquet grinçait et repartais en l’absence de bruit d’alerte. Devant la porte entrebâillée je laissais mes yeux s’habitués au noir de la chambre et mes oreille se délectés du silence de mort qui s’en dégageait. Cette nuit elle était seule !
Mon plan était simple, personne ne se doutait que j’étais au courant de la liaison extraconjugale de ma femme et son amant ne dira rien de peur de tout perdre, femme, enfant, réputation, travail, etc.
Me glissant prés d’elle et lui déposant un dernier baisé sur l’épaule dénudé, je bloquais ma respiration et frappais vite et fort. A ce premier coup, des larmes coulaient de mon visage et c’était bien la première fois. Ca prouve que je l’aimais encore. Au deuxième, mon cœur devenait léger. Au dernier, j’étais enfin libéré. Il fallait faire vite et finaliser cette soirée de vengeance.
Emportant son corps inerte, je la déposais dans un coin pas trop isolé mais calme et nettoyais toutes traces de moi. Dans quelque temps je m’occuperais de l’homme qui a fais de moi un Veuf.
Maintenant je suis l’homme aux mille et un couteaux…
Texte de Pascale
Ma journée de formation s’était terminée 1 heure plus tôt que prévu et j’avais décidé d’ en profiter pour aller flâner au marché de Noël tout proche et tenter de dénicher, enfin, l’ultime cadeau manquant à ma liste. A la fois le plus important et le plus difficile à faire. Important car c’est celui que je destine à Eric, l’amant qui occupe mes pensées les plus secrètes depuis 5 ans. Difficile car il doit conserver un caractère afin de ne pas attirer l’attention de son épouse.
Heureusement sa fonction de responsable des achats dans une entreprise lui permet de justifier la provenance de mes cadeaux comme étant ceux d’un fournisseur.
Un chalet attire mon attention. C’est celui d’un coutelier qui expose de magnifiques couteaux. Voilà, je tiens enfin mon cadeau. L’artisan me propose de personnaliser le couteau choisi en gravant sur la lame le prénom souhaité. Cela ne prendra que quelques minutes m’assure-t-il et fera de mon cadeau une pièce tout à fait originale.
J’accepte avec plaisir. J’admire le travail minutieux de gravure qu’il fait devant moi lorsque soudain un bras enserre mes épaules, des lèvres se posent sur les miennes.
Mon mari se tient à côté de moi. Il m’explique que lui aussi a fini sa journée plus tôt et a décidé de se lancer à la recherche du cadeau qu’il allait m’offrir.
L’artisan me remet le couteau avec un grand sourire: « dommage pour l’effet de surprise » me dit-il.
Il n’imagine pas à quel point il se trompe! En effet mon mari vient de découvrir l’inscription gravée sur la lame : Eric
Une pensée me traverse l’esprit souvent dans les films le couteau est l’arme choisie par le mari trompé pour se venger. Dans mon histoire il en sera tout autrement …
Texte de Philippe
Un amant, un couteau ; un amant, un poison; un amant, une balle de revolver; un amant, un accident de voiture…
Papy est en prison parce qu’il tue les amants de mamie. Mais cette dernière n’aime pas être seule quand il est en prison alors elle prend un amant… Et quand papy sort, il le tue…
«Il faut que ça cesse », a dit le maire du village. Il ne reste plus que deux hommes, lui et un grabataire. Et quand mamie est seule et qu’elle veut un amant, elle parvient à ses fins. Le maire sait qu’il risque d’être le prochain. D’ailleurs papy a dit que s’il touchait à mamie, il le tuerait en le tapant avec le buste de Marianne.
Le maire a beau être patriote, il préfère vivre pour la République que mourir pour elle.
Afin d’échapper à Mamie, le maire s’habille en femme. Mais mamie est bisexuelle et le coince dans son bureau.
Papy qui vient juste de sortir de prison, apprend la nouvelle.
Il arrive dans la chambre, buste de Marianne en main, et surprend les deux amants.
Mais papy a la vue basse deux femmes dans son lit. Il se sent avoir les idées larges. Ca le changera de la prison où il n’y a que des hommes.
Désormais Papy, mamie et le maire, plutôt madame le maire, font ménage à trois et ont même invité le grabataire à la saint Valentin…
Texte de Sandie
Dans deux semaines c’est la St-Valentin. Plus que deux semaines pour réussir à caser tous mes amants dans mon emploi du temps et à leur acheter chacun un cadeau. Je pourrais encore en virer un ou deux histoire de me faciliter la tâche pour ce grand jour, mais larguer un mec deux semaines avant la St-Valentin, ça ne se fait pas. J’aurais dû y penser plus tôt.
Opération planning : pour que je ne me mélange pas les pinceaux je vais opter pour l’ordre alphabétique. Petit-déjeuner au lit avec Arthur avant 9 heures, cinéma à 11 heures avec Cédric, déjeuner léger à 13 heures avec Edouard, ballade en bord de Loire avec Geoffrey vers 16 heures, deuxième séance de ciné à 18 heures avec Julien, dîner en terrasse vers 21 heures avec Mathieu, et je retrouve Pierre avant minuit pour finir la soirée en boîte. Plus qu’à valider tout ça avec eux, mais il ne devrait pas y avoir de problème… il n’y a jamais de problème…
Et maintenant les cadeaux. Faire plaisir à sept hommes aussi différents sans ruiner mon compte en banque, pas évident. Et si je leur offrais des couteaux … comme toute bonne thiernoise qui se respecte j’ai plusieurs amis couteliers qui me doivent des services, et un beau couteau ça fait toujours plaisir.
Quelques coups de fil plus tard tout est organisé. Dans quatre jours je récupère Laguioles et Thiers gravés de leurs prénoms respectifs, ils vont être ravis !
Deux semaines plus tard…
– Salut ma belle, tu vas bien ? Tu as vu les infos ce matin ?
Ça c’est Cynthia, ma meilleure amie, accro aux actus.
-Non je n’ai pas allumé la télé, qu’est-ce qui se passe ?
– Un tueur en série, enfin ils ne sont pas sûr parce que sept armes différentes ont été utilisées pour les sept meurtres, mais à chaque fois il s’agissait d’un couteau, et tous ont été poignardés le jour de la St-Valentin. C’est vraiment affreux tu ne trouves pas ? Dans une petite ville tranquille comme la notre …
– Oh oui c’est affreux, dis-je, en me demandant pourquoi ces imbéciles de couteliers n’avaient pas pu mettre de prénom sur les paquets cadeaux. Si je n’avais pas offert le mauvais à Arthur, tout ceci ne serait jamais arrivé. Maintenant il va falloir que je trouve une solution pour les couteliers …
Texte de Yasmina
Paris désert au mois d’août,
Pablo somnolant, du café brûlant,
Des miettes de pain, du miel de thym,
Un couteau élimé,
La Félicité
Automne rougissant,
Pablo rugissant,
Verre de lait glacé,
Février long et gris,
Amants meurtris,
Gorges déployées, lames affutées.
A vous de voter !

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