Pas réveillé(e), j’ouvre la porte de la salle de bain et appule sur l’interrupteur en entrant. J’avance jusqu’au miroir, étudie mon reflet. Je passe la main sur mon visage, me frotte les yeux encore semi-collés de sommeil. De grands cernes soulignent mon regard embué. Mes cheveux livrent un véritable champ de bataille sur mon crâne. Je tend la main vers la brosse exterminatrice de cadavres. J’entends le métal des armes qui s’entrechoquent, et les cadavres de petits guerriers s’amoncellent dans mon lavabo, le bruit sourd de leurs armures sur l’émail me perce les tympans. Je les noie dans une cascade d’eau tiède et les regarde disparaitre dans un tourbillon.

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