Parce que ma vie est multiple

Par le passé j’ai créé différents blogs sur différents sujets. Aujourd’hui j’ai décidé de tout regrouper au même endroit … ainsi si vous voyez apparaitre de nouveaux articles antérieurs à 2025, c’est que je les ai récupérés d’ailleurs …

Challenge 8: Image_ination – Textes

Voici les textes reçus pour cette huitième semaine du Challenge.

Texte de Ben : La promesse

Mon enfant, mon tout petit,
Toi qui n’es pas encore né,
Si par chance un jour tu me lis,
Pourras-tu exaucer mon souhait ?
Un héritage de haute noblesse,
Si tu le peux, fais-moi cette promesse.

Tu découvriras ici, dans ce bas monde,
Tant de bijoux, tant de trésors,
Des millions d’étoiles qui vagabondent,
Jouir de ces beautés multicolores.
Garde à jamais tes yeux d’enfants,
Ceux dont la curiosité traverse le temps.

Malgré cela, il te faudra souvent te battre,
Et réduire l’avancée de cet opportuniste.
Délétère compagnon dans son cloitre,
Poison mortel de l’utopiste.
Poursuis alors la quête de ce halo qui chasse,
La douce mélancolie du temps qui passe.

La diversité des rencontres est un cadeau,
Que ne doit masquer la chimère du confort.
Puisse celle-ci ne pas te mettre le bandeau,
Auquel cas deviendra-t-elle ta boite de Pandore,
Le parfum de la liberté est un sésame,
A la condition ultime de n’y soumettre aucune âme.

Si tu le peux, fais-moi cette promesse.
Prend garde à ce que jamais la faux de la haine,
Par quelconques raisons ne te caresse.
Certaines peurs rendent l’âme inhumaine.
Et bien plus acides seront les larmes des requins,
A l’heure où sonnera le bruit du tocsin.

Texte de Hervé

Un sacré beau chat que ce Zeugma. Et doué, avec ça. A dire vrai, je crois que je le trouvais beau surtout parce qu’il était doué. Car à bien y regarder, c’était en fait un chat assez banal. Ni grand ni petit, ni trapu ni élancé, le poil mi-long, de couleur anthracite, avec des reflets plus clairs. La texture de son poil faisait un peu penser à celle d’un chartreux, et peut-être aurait-on trouvé un représentant de cette race parmi ses ancêtres si l’on avait pu consulter son arbre généalogique – mais un tel document n’existait pas, Zeugma n’étant qu’un vulgaire chat de gouttière. En dépit de ses grandes oreilles- qui, lorsqu’il était chaton, le faisaient ressembler à une chauve-souris-, il avait tout de même une belle tête, et arborait une expression que chacun s’accordait à lui trouver farouche. Avez-vous remarqué comme les grands félins semblent singulièrement dépourvus d’humour? Bien que mon chat soit, lui, issu d’une lignée domestiquée depuis des siècles, son expression n’était guère différente de celle d’un tigre ou d’une panthère. Lorsqu’il daignait poser le regard sur vous, on n’y sentait aucune chaleur, pas la moindre trace de sympathie. Tout juste s’il consentait à ne pas vous sauter à la gorge – pourvu que vous n’ayez pas l’outrecuidance de vous croire autorisé à le toucher, bien sûr, car alors Dieu sait ce qui aurait pu advenir. Aujourd’hui il m’arrive de lui prodiguer quelques caresses, mais cela ne dure jamais très longtemps. Je ne voudrais pas qu’il prenne mon geste comme un manque de respect – et puis de toute façon, passer la main sur la fourrure d’un animal empaillé n’est pas spécialement plaisant.

Zeugma est mort comme il a vécu. En chasseur. N’allez pas croire qu’il me rapportait des musaraignes et des moineaux, à l’instar des chats ordinaires. Non, il m’accompagnait à la chasse, comme aurait pu le faire un setter Gordon ou un épagneul breton. J’ai découvert par hasard son don inhabituel à la veille de Noël, alors qu’il avait deux ans – il en avait onze lorsqu’il est parti. Ayant tiré une bécasse, j’avais vu celle-ci tomber dans une zone marécageuse et couverte de broussailles, et m’étais résigné, après quelques recherches infructueuses, à devoir renoncer à retrouver mon gibier. Quelle ne fut pas ma stupéfaction lorsque, m’apprêtant à rebrousser chemin, je vis surgir Zeugma des fourrés avec la bécasse à la gueule. Il vint vers moi en me regardant dans les yeux, et déposa l’oiseau mort à mes pieds. Dès lors, je pris l’habitude de l’emmener avec moi lors de chacune de mes sorties de chasse- quand il ne pleuvait pas car, comme la plupart de ses congénères, il détestait être mouillé.

Le jour du drame, je m’étais éloigné avec lui du groupe de chasseurs dont je faisais partie pour m’enfoncer un peu dans un taillis, dans l’espoir d’y débusquer une biche ou un chevreuil. A peine avions-nous fait quelques mètres que je vis bouger, à l’intérieur d’un sombre hallier, une masse encore plus sombre. Une biche, apparemment, que je touchai du premier coup et qui partit se réfugier dans une zone où la végétation était encore plus dense. Le cœur battant, je commençai à marcher vers l’endroit où me paraissait se trouver la biche, et d’où provenaient désormais des bruits de branches cassées… mais aussi des couinements et des grognements furieux qui ne pouvaient être produits par une biche. En arrivant à proximité du hallier, je découvris un spectacle stupéfiant : ce n’était effectivement pas une biche, mais un sanglier, que j’avais touché, un beau ragot d’une cinquantaine de kilos qui tournait et ruait dans tous les sens. Tout à coup, la bête me vit, poussa un cri terrible et chargea dans ma direction. Je fis instinctivement un pas de côté, trébuchai en heurtant une racine du pied et partit à la renverse. Une masse énorme me frôla, et je perdis connaissance lorsque ma tête heurta une souche.

En me réveillant quelques minutes plus tard, je sus que je n’avais pas rêvé cette chose grise perchée sur l’encolure du sanglier, fermement arrimée par ses crocs et ses griffes, n’était autre que mon chat! Ce n’est qu’un peu avant le coucher du soleil que je retrouvai le chasseur et sa proie, à deux kilomètres de là. Le sanglier, que je n’avais touché qu’à une patte arrière et de manière assez superficielle, semblait mort d’épuisement. Zeugma, dont seule la tête dépassait de la masse énorme qui l’écrasait, fit un bruit bizarre en me voyant arriver, un peu comme un moteur qui ne démarre pas et finit par s’étrangler. Le temps que je le prenne dans mes bras, il avait fermé le seul œil qui lui restait, et cessé d’émettre le moindre son. Son corps était étrangement mou, comme si tous les os de son corps étaient brisés – ce qui était le cas. Je sortis de sa gueule entrouverte la chose velue et sanglante qui s’y trouvait, et que je mis un certain temps à identifier. C’était l’oreille gauche de son ennemi.

Texte de Philippe

J’ai des étoiles dans la tête.
J’ai mon cosmos personnel.
Je suis rêveur… Souvent dans les nuages.
Et jamais je ne me décourage.
Je m’envole dans mes cieux.
Est-ce que je cherche dieu ?
Je ne sais pas.
Mais je cherche quelque chose à l’intérieur de moi, dans mon infinitésimal.
Parfois, j’ai si mal…
Mais souvent, je ris de moi.
Je me moque de moi.
Comme ça, les autres n’ont pas à le faire
Vais-je me découvrir.
Vais-je m’ouvrir.
Vais-je mourir à mon apparence !
Je sais que je voyage sans relâche.
Et que ce chemin me plaît.
Parfois, je m’arrête et je me complais.
Et je chante la complainte :
« Voyage, petit homme.
La route est bien longue.
Voyage sans relâche.
Un jour tu souriras.
Et là, tu t’arrêteras.
Et tu en resteras baba.
Toutes les étoiles feront la ronde autour de toi.
Et tu danseras avec elles à tire-d’aile.
Et là traversant les flots d’angoisse, tu atteindras le bon port.
Et là, tu te reposeras.
Et ce sera bien.

Texte de Sandie

– Maman, c’est quoi le cadeau qui reste sous le sapin ? Y a pas de nom dessus.
– Ouvre-le ma puce, il est pour toute la famille.
Avec l’approbation de sa mère Léa se lança donc à l’attaque du papier cadeau qui cachait une boite, sans aucune inscription. Elle l’ouvrit délicatement et se figea en découvrant le vide qu’elle contenait.
– Mais il n’y a rien dedans, pourquoi le Père-Noël nous a offert une boite vide ?
– Vérifie bien, lui répondit son père, il a peut-être laissé un mot pour expliquer son geste.
Elle retourna la boite dans tous les sens sans aucun résultat. Elle fouilla alors le papier qui l’avait enveloppée et découvrit le mot qui lui avait échappé auparavant. Elle le tendit à sa mère qui le lu à voix haute.

« Chère famille Martin,
Je vous ai observé toute l’année et j’ai estimé que vous aviez eu une attitude particulièrement remarquable. Que ce soit la petite Léa qui a été très sage et a fait de gros progrès à l’école, son frère Théo qui a brillé en sport et a obtenu les félicitations de son proviseur, ou bien les parents qui se sont bien occupés de l’éducation de leurs enfants et se sont engagés dans des associations caritatives. Pour vous remercier je vous offre une occasion unique de partager avec l’univers entier ce qui vous tient à cœur. Chacun d’entre vous est prié de glisser dans cette boite un objet. Je vous demanderais ensuite de redéposer la boite pleine près de la cheminée où je la récupérerai la nuit prochaine. Elle sera alors envoyée dans l’espace avec celles de six autres familles, en espérant qu’un jour, d’autres habitants de l’univers les trouvent et découvrent ainsi toutes les merveilles de notre planète. A vous de bien choisir les objets qui représentent la Terre au-delà de notre galaxie.
Le Père-Noël »

Léa et Théo restèrent figés après cette lecture, ils se sentaient investis d’une grande mission à présent.

A vous de voter !


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