Parce que ma vie est multiple

Par le passé j’ai créé différents blogs sur différents sujets. Aujourd’hui j’ai décidé de tout regrouper au même endroit … ainsi si vous voyez apparaitre de nouveaux articles antérieurs à 2025, c’est que je les ai récupérés d’ailleurs …

cosmétiques zéro déchet : solide vs DIY

Cosmétiques zéro déchet : solide ou DIY ?

Article initialement publié sur mon ancien blog Zéro Déchet Débutant

Quels cosmétiques zéro déchet choisir ? Allez-vous opter pour l’achat de cosmétiques solides ou bien vous lancer dans la fabrication de cosmétiques DIY ? On fait le point !

Les cosmétiques faits maison

Vous avez un peu de temps libre et vous adorez faire des choses par vous-même ? Alors pourquoi ne pas vous lancer dans les cosmétiques DIY ?

cosmétiques zéro déchet DIY

Vous serez sûr de ce qu’il y a dedans (enfin presque, parce que si vous utilisez des bases toutes prêtes qui contiennent déjà plusieurs ingrédients … vous pouvez rapidement perdre le fil …). Par contre vous n’êtes pas toujours sûr de la provenance des ingrédients, et des conditions de fabrication/production/cueillette/… (Vous saviez que devant l’afflux de clients de produits à base de noix de coco de nombreux pays utilisent des singes tenus en laisse pour le ramassage des noix ?).

Privilégiez, dans la mesure du possible, des ingrédients français (les conditions de travail sont plus sûres, et il y a moins de pollution dû au transport) ou issu du commerce équitable, avec un label bio. Mais surtout pour commencer, privilégiez des ingrédients polyvalents, ceux que vous pourrez utiliser dans plusieurs recettes. Et des recettes simples, avec peu d’ingrédients. Ça vous évitera de vous retrouver avec des tonnes de flacons que vous n’arriverez jamais à finir, qui vous auront coûté très cher, et qui au final produiront plus de déchets que si vous aviez achetez des cosmétiques solides. Si vous respectez cela, vos cosmétiques vous reviendront probablement moins chers que des cosmétiques zéro déchet de même qualité (bio, français, …). Mais ça vous prendra plus de temps … et comme on dit « le temps c’est de l’argent » alors à vous de faire le calcul ! Et au démarrage ça vous coûtera peut-être plus cher puisqu’il vous faudra acheter un peu de matériel. À vous de le rentabiliser par la suite (si vous le trouvez d’occasion formidable, mais j’avoue que ça ne court pas les rues).

Attention aux « experts »

Je ne vous donnerai pas de recette dans ce challenge, parce que se lancer dans la fabrication de cosmétiques naturelles prend du temps, et que ce challenge est axé sur de petites actions rapides à mettre en place. J’en publierai par contre plus tard sur le blog pour ceux qui le souhaitent. Mais je tiens à vous mettre en garde : attention aux recettes que vous pouvez trouver, que ce soit sur Internet ou dans les livres. Attention aux soi-disant « experts » du zéro déchet qui n’ont aucune formation en cosmétiques. Avant de suivre une recette, assurez-vous que la personne qui la partage s’y connaisse réellement.

Pour vendre un produit cosmétique, il y a obligation de s’assurer de la sécurité de celui-ci pour la santé (sécurité toute relative je l’admets), et d’informer les utilisateurs des éventuelles contre-indications. Mais pour donner une « recette » de cosmétique maison, et même pour animer un atelier de fabrication de cosmétique, il n’y a aucune règle. N’importe qui peut décider, sans aucune formation, d’animer un atelier et de vous faire fabriquer des cosmétiques qui peuvent être dangereux pour vous. Heureusement, la plupart des personnes n’osent pas proposer d’atelier sans formation.

Mais pour ce qui est de transmettre des recettes sur Internet ou écrire un livre, là par contre on se croit tout permis. Oui, parce que si demain vous voulez publier un livre zéro déchet. Votre éditeur ne vous publiera pas parce que vous avez la bonne formation, il vous publiera uniquement (ou presque) parce que vous avez assez de vues sur votre blog, votre chaîne Youtube, ou vos réseaux sociaux ! Du coup on se retrouve avec des milliers, des millions de personnes qui pensent que pour faire du dentifrice zéro déchet il faut utiliser du bicarbonate alors que c’est très agressif pour l’email des dents et les gencives. Il ne faut surtout pas l’utiliser au quotidien. Mais un jour quelqu’un a testé, a trouvé ça bien (oui, ça fait les dents blanches) et en a parlé autour de lui. Alors beaucoup sont tombés dans le piège, et même Béa Jonhson, dont j’ai déjà parlé, qui propose plein d’excellents conseils dans son livre … propose du dentifrice au bicarbonate. Donc si vous achetez son livre (d’occasion si possible) suivez les conseils … mais pas forcément les recettes !

Suivez des recettes que donnent des « experts » de la cosmétique plutôt que des « experts » du zéro déchet, il ont plus de chances d’avoir une réelle formation. Et suivez ceux qui sont capables de vous expliquer à quoi servent les différents ingrédients de la formule. Sinon fuyez ! Pour ma part je ne me considère pas comme une experte, mais j’ai suivi une formation de 4 mois en cosmétique naturelle et je ne partagerai sur le blog et auprès de mes conseillères que des recettes sûres.

Dernier avantage de faire le choix du DIY : vous pourrez vous vanter « c’est moi qui l’ai fait » et offrir des cosmétiques faits maison à vos proches pour Noël (ou en tout autre occasion).

Les cosmétiques zéro déchet (solides ou autres)

cosmétiques zéro déchet : savon et shampooing solides

Pendant longtemps j’ai eu une vision très négative des savons solides. Entre le souvenir de ce savon jaune mural de l’école qui voyait passer des dizaines de mains à chaque récré … et les savons tout secs et au blanc sale que je retrouvais parfois dans une petite coupelle à l’eau stagnante chez des amis : plutôt ne pas me laver les mains que d’utiliser ce truc immonde ! Pourtant aujourd’hui je ne peux plus m’en passer 🙂

On reviendra, dans un prochain email, sur les bonnes pratiques avec les cosmétiques solides, et notamment bien les laisser sécher. Là je vais déjà vous présenter les différentes options qui s’offrent à vous en terme de cosmétiques zéro déchet (non il n’y a pas que le solide).

  1. Si vous avez la chance d’avoir une boutique vrac près de chez vous (ce n’est pas mon cas), vous pouvez peut-être trouver des distributeurs de gel douche, shampooing, … Gardez votre flacon, et quand il est vide, retournez le remplir ! Je ne peux pas vous en dire plus, je n’ai pas testé, mais je sais que ça existe.
  2. Le solide : disponible en vrac ou en emballage papier/carton le plus souvent. Parfois en bioplastique (amidon de maïs) en magasin bio … ou en vrai plastique en grande surface (mais pourquoi ????) Vous pouvez trouver en solide du savon, du shampooing ou après-shampooing, du déodorant, du dentifrice, du parfum, du démaquillant, … Bref à peu près tout ce dont vous pouvez avoir besoin.
  3. Le verre : de nombreux produits sont disponible dans des pots en verre. Le verre est plus écologique que le plastique car il se recycle beaucoup mieux (à condition de le mettre dans la bonne poubelle) et vous pouvez souvent réutiliser le pot ou le flacon pour en faire autre chose. Mais, il y a souvent un couvercle ou une pompe (ou autre mécanisme) en plastique, ce qui gâche un peu le côté zéro déchet. Et il pèse lourd et est fragile, donc un peu plus de carburant pour le transport et surtout un « calage » nécessaire pour éviter la casse qui n’est pas toujours zéro déchet. Heureusement, de plus en plus de marques proposent de consigner les pots, vous pouvez donc les ramener en boutique ou les renvoyer (selon le cas) afin qu’ils soient lavés et réutilisés.
  4. Autres possibilités ? Certains produits sont proposés dans des pots en aluminium : l’aluminium se recycle très bien aussi mais il est facilement déformable donc plus difficile à réutiliser. Il existe enfin certains produits que l’on peut trouver en poudre dans un emballage papier ou carton ou même en comprimé (comme le dentifrice). Pour le dentifrice je trouve ça vraiment pratique, parce que (on en reparlera) pour tout ce qui est solide, il faut que le produit puisse sécher entre 2 utilisations afin d’être sûr d’éviter les bactéries (qui se développent dans l’eau). Mais si on est plusieurs à la maison à utiliser le même dentifrice et à se laver les dents 2 ou 3 fois par jour … il n’est pas prêt de sécher !

Un petit point spécial pour les 2 produits qu’on utilise le plus en version solide :

Le savon

savon solide

On peut le fabriquer à chaud ou à froid. Les savons industriels de grandes surfaces sont faits à chaud et souvent loin d’être écologiques (rarement bio, pas toujours naturels, parfois à partir de graisse animale) et souvent asséchants. Faites toujours attention à la composition ! Certains savons sont cuits au chaudron de façon artisanale et sont de très bonne qualité, comme le savon de Marseille par exemple (« savon de Marseille » n’est pas une appellation contrôlée, il existe donc de bons savons de Marseille et d’autres qui en ont juste le nom mais sont vraiment mauvais, je pourrais faire un article entier à ce sujet !). On enlève la glycérine créée par le processus de saponification, ce qui les rend parfaits pour la lessive par exemple parce que la glycérine pourrait encrasser la machine.

Les savons saponifiés à froid sont les plus écologiques puisqu’ils demandent très peu d’énergie pour leur fabrication. Ils ne produisent pas de déchet direct, c’est à dire qu’une fois le processus de saponification fait on n’enlève rien, alors que la saponification à chaud on enlève ensuite la glycérine. Ils sont généralement plus doux pour la peau car surgras. La plupart des artisans savonniers actuels utilisent cette méthode.

Le melt and pour : c’est une base de savon déjà saponifiée qu’on achète et fait refondre pour fabriquer ses propres savons. Souvent utilisé pour faire des savons maisons, parfois utilisé par certains savonniers, je trouve ça dommage car on perd l’avantage de « savoir exactement ce qu’il y a dedans ». Ça peut être sympa pour fabriquer des savons avec ses enfants (parce que la saponification à froid avec des enfants on oublie, trop dangereux). Mais jamais je n’achèterai un savon fabriqué avec du Melt and pour, je préfère faire confiance aux véritables artisans savonniers.

Le shampooing

shampooing solide

Là encore il en existe des saponifiés à froid, ce n’est pas l’idéal pour les cheveux car le pH de la peau n’est pas le même que celui des cheveux, et du coup le pH des shampooings saponifiés à froid ne correspond pas aux cheveux. On peut régler le problème en faisant un rinçage au vinaigre. Pour ma part je me suis toujours contentée d’un simple shampooing, sans après-shampooing, alors quand je suis passée au solide je voulais quelque chose d’aussi simple sans avoir à me rajouter une étape. Et après avoir testé plusieurs shampooings saponifiés à froid, je n’ai vraiment pas été convaincue du résultat.

Une autre technique est d’utiliser des tensio-actifs. C’est un peu moins écologique que la saponification à froid (les tensio-actifs sont souvent issus de la noix de coco avec un processus chimique). Il faut privilégier l’utilisation de SCI ou SLMI comme tensio-actifs qui sont les plus doux. Pour moi, même s’ils ne sont pas parfaits, ils restent la meilleure alternative car ils respectent plus les cheveux (à condition que la quantité de tensio-actifs soit raisonnable). Et après en avoir testé plusieurs aussi, mes cheveux les apprécient beaucoup plus que ceux saponifiés à froid.

Attention aux huiles essentielles

Petit point valable aussi bien pour les cosmétiques DIY que pour les cosmétiques solides. Les huiles essentielles ont plein de vertus, et elles sont très utilisées en cosmétique naturelle. La plupart des recettes que vous trouverez en contiendront. Mais il faut savoir qu’elles demandent de très grosses quantités de plantes et d’eau pour les fabriquer.

Pour 1 kg d’huile essentielle il faut par exemple :

  • 150kg de fleurs pour la lavande vraie
  • 50 à 500kg de feuilles pour la menthe poivrée
  • 3500 à 4000kg de pétales pour la rose de Damas
  • 4000 à 12000kg d’herbe pour la mélisse 

Elles sont généralement déconseillées aux enfants, aux femmes enceintes et allaitantes, aux personnes épileptiques. Certaines sont incompatibles avec d’autres maladies ou avec certains médicaments. D’autres présentent un fort risque d’allergie. Elles peuvent être dangereuses pour vos animaux domestiques. Et certains disent qu’utilisées à forte dose elles pourraient dérégler les écosystèmes marins. Je n’ai pas trouvé d’information sûre à ce sujet mais ça me parait plausible vu que ce sont des produits hyper concentrés.

Enfin, la culture des plantes nécessaires à leur fabrication peut créer de la déforestation ou de la monoculture intensive. Privilégiez donc les huiles essentielles locales et bio, issues de petites productions. Et privilégiez leur usage thérapeutique. Même si ce sont d’excellents moyens de parfumer vos cosmétiques, le parfum est-il toujours indispensable ?

PS : Cet article est issu du Challenge 4 semaines pour réduire ses déchets que vous pouvez recevoir par email en remplissant le formulaire ci-contre. Vous recevrez alors un email par jour pendant 4 semaines. Quelques emails seront publiés sur ce blog, mais la plupart ne seront accessibles qu’aux abonnés.


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